Cinq temples égyptiens à voir une fois

Cinq temples égyptiens à voir une fois

Mis à jour le : 24 septembre 2026 — Article écrit par Inès

🎯 L’ESSENTIEL À RETENIR

  • Cinq temples tiennent un premier voyage : Karnak, Louxor, Hatchepsout, Philae, Abou Simbel. Le reste se glisse dans une croisière.
  • Louxor : deux jours. Rive est le matin (Karnak), temple de Louxor en fin de journée. Rive ouest à l’aube : Hatchepsout, éventuellement la Vallée des Rois.
  • Philae se rejoint en barque depuis Assouan (île d’Agilkia). Abou Simbel : environ 280 km plus au sud, convoi avant l’aube ou vol.
  • Ouverture des sites vers 6 h. Dès 10 h, la pierre brûle. Carte bancaire aux guichets : le cash ne passe plus sur les grands monuments.
  • Edfou, Kom Ombo, Médinet Habou : utiles si le bateau y accoste. Pas une liste à cocher depuis Le Caire.

Les premiers temples égyptiens, vers le milieu du IVe millénaire, n’étaient que des huttes de roseaux. Le dernier culte païen, à Philae, s’est éteint au VIe siècle. Entre les deux, trois millénaires de pierre le long du Nil. Une liste de dix sanctuaires donne l’illusion de tout voir. Sur huit à dix jours, vous n’en tenez pas dix.

Les temples égyptiens impressionnants qui valent vraiment le détour tiennent en cinq noms : Karnak, le temple de Louxor, Hatchepsout, Philae, Abou Simbel. Edfou et Kom Ombo se prennent depuis le bateau. Médinet Habou, Abydos, les colosses de Memnon : un bonus, pas le centre. Le reste, vous le laisserez sans regret.

Quels temples égyptiens impressionnants retenir

Colonnes de grès d’un temple égyptien en Haute-Égypte, lumière du matin

Photo : Wikimedia Commons / CC BY-SA

Cinq temples tiennent un premier voyage : Karnak et Louxor sur la rive est, Hatchepsout sur la rive ouest, Philae à Assouan, Abou Simbel au bord du lac Nasser. Deux jours à Louxor, une matinée à Philae, une aube pour Abou Simbel. Edfou et Kom Ombo se prennent depuis le bateau.

Je ne classe pas. Karnak écrase par la taille, Hatchepsout par la falaise, Abou Simbel par les colosses, Philae par l’eau. Le temple de Louxor, plus petit, se visite le soir, éclairé, sans la foule de 9 h. Avec des enfants, le même rythme que pour des vacances en famille au Maroc : un site le matin, de l’ombre à midi, un second en fin d’après-midi. La chaleur de Haute-Égypte ne pardonne pas trois pylônes d’affilée.

TempleOùSur placeQuand y aller
KarnakLouxor, rive est2 à 3 hÀ l’ouverture, vers 6 h
Temple de LouxorLouxor, rive est1 hFin d’après-midi, jusqu’à la nuit
HatchepsoutLouxor, rive ouest1 hTôt, avant les cars
PhilaeAssouan (Agilkia)1 h 30Matin, barque depuis Shellal
Abou SimbelLac Nasser2 hAube, convoi ou vol depuis Assouan

Karnak, puis le temple de Louxor

Karnak n’est pas un temple. C’est un chantier de près de deux millénaires, enceinte d’Amon-Rê au nord de Louxor, rive est. On entre par l’allée des sphinx à tête de bélier. La salle hypostyle suit : 134 colonnes, les douze du milieu vers 23 mètres. Prévoyez deux heures, trois si vous voulez le lac sacré et le temple de Khonsou. Arrivez à l’ouverture. À 9 h, les groupes remplissent les intercolonnes.

Le billet se paie à l’entrée, souvent par carte. Les tarifs bougent ; vérifiez le jour sur egymonuments.com plutôt que de coller un chiffre d’il y a six mois. Le son et lumière, le soir, est une autre visite. Je le fais une fois. Pas deux.

Trois kilomètres plus au sud, le temple de Louxor. Aménophis III l’a lancé vers 1400 av. J.-C., Ramsès II l’a allongé. Un obélisque reste devant le pylône ; son jumeau est place de la Concorde depuis 1836. L’allée des sphinx, rouverte en 2021, relie les deux sanctuaires. On peut la marcher. L’entrée de chaque temple se paie à part. Le soir, Louxor s’allume. Une heure suffit. C’est le bon moment : Karnak le matin, celui-ci au coucher.

Hatchepsout, collée à la falaise

Rive ouest, Deir el-Bahari. Le temple mortuaire d’Hatchepsout (vers 1479–1458 av. J.-C.) monte en trois terrasses, rampes, colonnades, jusqu’à la paroi. Senenmout l’a conçu. On le voit de loin, blanc contre le calcaire. Comptez une heure. Les reliefs du pays de Pount se lisent mieux avec un guide qu’en courant vers le troisième niveau.

La montée n’est pas une randonnée, mais il n’y a presque pas d’ombre. Eau, chapeau, chaussures fermées : les mêmes réflexes que pour une randonnée avec bébé, même sans poussette. Les cars déversent vers 9 h. Partez avec le bac au petit jour, passez les colosses de Memnon sans vous arrêter longtemps (deux statues d’Aménophis III, le temple derrière a disparu), et soyez à Hatchepsout avant la chaleur.

Si vous avez encore des jambes, Médinet Habou, temple mortuaire de Ramsès III, est le mieux conservé de la rive ouest après Karnak. Je le glisse quand la Vallée des Rois n’a pas tout pris. Abydos et le temple de Séthi Ier, avec la liste des rois, demandent une journée de route. Pas un à-côté.

Abou Simbel, le réveil qui se discute

Ramsès II a fait tailler deux temples dans la falaise, au XIIIe siècle av. J.-C. : le sien, quatre colosses d’environ 20 mètres, et celui de Néfertari. Dans les années 1960, l’Unesco les a sciés et remontés 65 mètres plus haut, pour les sortir du lac Nasser. Vous visitez une copie exacte, pierre à pierre, pas le rocher d’origine. Ça n’enlève rien. Les visages, même abîmés, tiennent encore la pose.

Depuis Assouan, comptez trois à quatre heures de désert. Les convois partent avant l’aube. Un vol d’une quarantaine de minutes existe, plus cher, plus court. Sur place, deux heures tiennent les deux temples. Deux matins par an, vers le 22 février et le 22 octobre, le soleil entre dans le sanctuaire. Le reste de l’année, vous venez pour la façade et la salle hypostyle, pas pour l’alignement.

Je ne le couple pas avec Philae le même jour. Trop de route, trop de files. Si le réveil bloque, laissez Abou Simbel. Karnak et Philae tiennent déjà un voyage. Si vous y allez à deux, c’est le même type de créneau rare qu’un week-end insolite à deux : tôt, un peu cher, et vous n’y revenez pas « un de ces jours ».

Philae, Edfou, ce que le bateau ajoute

Philae n’est plus sur Philae. L’île d’origine est sous le lac. Le temple d’Isis, commencé sous la XXXe dynastie, achevé par les Ptolémées et les Romains, a été déménagé sur Agilkia dans les années 1970. On y va en barque depuis l’embarcadère de Shellal, dix minutes. Le kiosque de Trajan (vers 100 ap. J.-C.) est la carte postale. Le sanctuaire d’Isis, lui, a fonctionné jusqu’au VIe siècle : le plus tardif des grands temples égyptiens.

Une heure et demie, le matin. Le son et lumière existe, en plusieurs langues. Je préfère la pierre à 8 h, avant les croisiéristes. Edfou, temple d’Horus commencé en 237 av. J.-C. sous Ptolémée III, fini en 57 av. J.-C. sous Ptolémée XII, est le plus complet. Kom Ombo, double, Sobek d’un côté, Haroéris de l’autre, tient une halte de croisière. Ni l’un ni l’autre ne justifient un aller-retour depuis Louxor si vous n’avez que trois jours.

Vous n’avez pas besoin de dix temples. Un Karnak à 6 h, un Philae en barque, et le voyage tient déjà.

Avant de partir

  • Bloquez Louxor deux jours (Karnak + Louxor rive est, Hatchepsout rive ouest). Assouan pour Philae. Abou Simbel seulement si une aube est libre.
  • Carte bancaire, chapeau, 1,5 l d’eau, épaules couvertes dans les sanctuaires. Billets le jour même ou sur le portail officiel ; les tarifs en livres égyptiennes changent.
  • Ne partez pas du Caire « pour voir les temples » en 48 heures. Gizeh n’est pas Karnak. Huit jours tiennent le Nil. Quatre, vous choisissez Louxor ou Assouan, pas les deux à fond.

Les temples égyptiens impressionnants se visitent tôt, un par un, le long du fleuve. Cinq noms, une croisière ou deux bases, et vous rentrez avec de la pierre dans la tête plutôt qu’avec une liste cochée à la hâte.

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