La Cortésine à Aix : bois public, bastide privée

La Cortésine à Aix : bois public, bastide privée

Mis à jour le : 24 septembre 2026 — Article écrit par Inès

🎯 L’ESSENTIEL À RETENIR

  • La Cortésine, à Aix-en-Provence, c’est une bastide du XVIIe encore privée, collée à un bois public racheté par la Ville en 2018.
  • Le bois est un maillon du parc naturel urbain : 4,7 km du parc Jourdan au lycée Cézanne, dont 55 % d’espaces verts.
  • Le nom vient d’Albert de Courtois (1831–1922), consul et peintre amateur, propriétaire dès 1893.
  • Parc Jourdan → bois : environ 1 h 30 avec des enfants de 5–6 ans. Encore une heure vers Bibémus.
  • On longe les murs, on n’entre pas. Pas de billet, pas d’intérieur, pas d’agenda d’événements.

La Cortésine, à Aix-en-Provence, n’est pas un château avec caisse et boutique. C’est une bastide du XVIIe siècle, encore habitée, collée à un bois que la Ville a racheté en 2018 pour le parc naturel urbain. Le refuge, c’est le chemin : pins, Torse, murs ocre qu’on longe sans sonner à la porte.

En 48 heures à Aix, ça tient une matinée. Vous marchez. Vous ne « faites » pas le domaine. Si vous cherchez des horaires et un programme, passez. Si vous voulez un bout de ville qui sent encore le jardin, le bois suffit. Le centre, le cours Mirabeau, le musée Granet : l’après-midi.

Qu’est-ce que la Cortésine à Aix-en-Provence ?

Bois de la Cortésine à Aix-en-Provence, pinède et murs de bastide sur le parc naturel urbain

La Cortésine désigne une bastide du XVIIe, privée, et le bois public qui l’entoure. Le bois a été racheté par la Ville en 2018 et entre dans le parc naturel urbain d’Aix-en-Provence. La maison reste habitée. On s’y rend à pied, sans billet, en longeant les murs.

Sur une carte, le bois se trouve à l’est du centre, vers la Torse et le lycée Cézanne, du côté de Sainte-Victoire. Le musée Granet n’est qu’à un kilomètre environ. Ce n’est pas une excursion de journée. C’est une sortie de ville, à ranger parmi les endroits paradisiaques en France qu’on gagne à pied, sans billet.

Deux choses se recouvrent et se confondent trop souvent. La bastide appartient à une famille (Allais-Torres, aussi propriétaires du Grand Barret). L’accès principal passe par la traverse de la Cortésine, au nord ; une servitude existe au sud, au fond de l’avenue Villemus. Le bois, lui, est un maillon du PNU. Vous pouvez y flâner. Vous n’êtes pas invité dans la cour.

La bastide, Albert de Courtois et le nom du lieu

Le bâtiment apparaît déjà sur la carte de Cassini (1744) et sur le cadastre napoléonien (1848). Le CIQ Cézanne-Torse l’a inscrit à son inventaire de 2012 (n° 71). René Borricand, auteur aixois, la décrit ainsi : parc arrosé par la Torse, façade à trois étages de cinq fenêtres, une entrée ornée de deux pilastres Louis XVI en pierre de Rognes. Des gypseries Louis XVI, signalées par Dobler, ont disparu.

En 1893, Albert de Courtois (1831–1922), ancien consul de France et peintre amateur, achète la propriété. Il y installe son atelier. Ses armes trônent encore au-dessus de la porte, surmontées d’une date qu’on lit souvent 1897. Le nom « Cortésine » dérive de Courtois. Corps principal, tour au nord-ouest, aile d’arcades à l’est : le volume tient. L’entretien, moins.

À sa mort, le bien passe au diocèse, puis à plusieurs propriétaires. La famille actuelle l’acquiert en 1956. Une anecdote locale dit qu’il aurait servi, pendant l’Occupation, à stocker des archives. Les murs d’enceinte, côté coulée verte du Barret, laissent voir caves et souterrains. Côté Torse, des vestiges de lavoir émergent parfois du lit. C’est ce que le chemin montre. Rien de plus.

Le parc naturel urbain jusqu’au bois

Depuis 2018, Aix a tracé un parc naturel urbain de 4,7 km, du parc Jourdan au lycée Cézanne. La Ville a annoncé 4 millions d’euros sur cinq ans, 55 % du tracé dans des espaces verts, environ 700 indications. Quatre idéogrammes marquent le bâti, la nature, les promenades, les arbres remarquables. Beaucoup d’Aixois ignorent encore le sigle PNU. Des panneaux discrets, un passage de parking, une traverse sans suite affichée : le fil se perd. Pour une mini-évasion, ça va.

Le parcours relie le parc Jourdan, la colline de Cuques, le parc de la Torse, puis le bois de la Cortésine, jusqu’au lycée Cézanne. Un habitant a chronométré : une heure et demie du parc Jourdan jusqu’au bois avec des enfants de 5 ou 6 ans. Encore une heure, on est à Bibémus. Prenez les mêmes réflexes que pour une randonnée avec bébé : chaussures fermées, eau, on s’arrête avant que les jambes saturent. La poussette tient un tronçon Torse–bois selon l’état du chemin, pas tout le fil.

TronçonDurée indicativeCe que vous voyez
Bois de la Cortésine seul45 min à 1 h 30Pinède, Torse, murs, lavoir
Parc Jourdan → bois~1 h 30 avec des enfants de 5–6 ansPNU, parcs, traverses
Bois → Bibémus~1 h de plusCollines, Sainte-Victoire

Le bois n’est pas un zoo. Sangliers, hérissons, parfois un faon : la faune y passe. Un second cheminement municipal a inquiété des riverains, qui voulaient garder le sous-bois calme. Restez sur les sentiers. Ne coupez pas. Ne nourrissez rien.

Comment y aller, ce que l’on ne visite pas

Pas de billet. Pas d’horaires de château. Le bois se marche de jour, comme un parc. La bastide reste une maison. Si une grille est fermée, elle l’est. Photographier la façade depuis le chemin, oui. Entrer, non.

Depuis le centre, partez à pied vers l’est, ou prenez un bus vers le secteur Torse / lycée Cézanne, puis finissez à pied. Laissez la voiture : les traverses sont étroites. Je pose les valises en centre ou près de Jourdan. Le matin au bois, l’après-midi en ville. Pour un week-end insolite en amoureux, ça tient mieux qu’une liste de musées empilés.

En 2026, le PNU n’est toujours pas un circuit de cars. En 2025, Éric Chevalier, alors premier adjoint chargé des mobilités douces, a dit vouloir un tracé lisible pour les habitants, pas une publicité internationale, pour ne pas calquer la surfréquentation de Sainte-Victoire. Une pinède n’a pas besoin d’une foule.

  • Chaussures fermées. Le sol change : terre, racines, parfois boue près de la Torse.
  • Eau, chapeau. Peu d’ombre continue une fois hors du bois.
  • Pas de drone au-dessus des toits. Pas de pique-nique collé aux murs de la maison.

Avant de partir

  • Une matinée. Jourdan ou Torse en amont, bois ensuite. Bibémus seulement si les jambes suivent.
  • La bastide se regarde. Le bois se marche. Rien à réserver, rien à payer, rien à forcer.
  • Centre l’après-midi. Une base, pas trois déménagements. Aix tient 48 heures si vous acceptez de ne pas tout coller.

La Cortésine à Aix-en-Provence reste un refuge simple : un bois public, une bastide privée, un bout de PNU que beaucoup d’Aixois ignorent encore. Vous y allez pour marcher. Vous en sortez avec de la poussière sur les chaussures.

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