🎯 L’ESSENTIEL À RETENIR
- Erice est à 751 m sur le mont San Giuliano, au-dessus de Trapani, avec vue sur la côte et les îles Égades par temps clair.
- Le Castello di Venere, château normand du XIIe siècle, occupe l’ancien temple de Vénus Érycine.
- La funivia Trapani–Erice monte en une dizaine de minutes ; le lundi, elle ouvre souvent seulement l’après-midi, et s’arrête par grand vent.
- Une demi-journée à une nuit dans le bourg ; Trapani comme base pour 4 à 7 jours en Sicile occidentale.
- Avril–juin et septembre 2026 restent plus marchables qu’août, déjà saturé de cars.
Erice en Sicile est un bourg de pierre au sommet du mont San Giuliano. À 751 mètres, au-dessus de Trapani, on voit la côte et, si le ciel se tient, les îles Égades. Ruelles, château, Duomo : le format tient en une après-midi, ou une nuit si vous voulez le silence après le dernier car.
J’y monte depuis Trapani. Téléphérique ou route en lacets, puis tout à pied. Une après-midi au village, une nuit si le silence vous tente. Sur quatre à sept jours, Erice devient une étape de Sicile occidentale, pas le séjour entier.
Pourquoi Erice en Sicile tient une mini-évasion

Photo : Berthold Werner / CC BY-SA 3.0
Erice est un village médiéval situé à 751 mètres sur le mont San Giuliano, au-dessus de Trapani. Une demi-journée à une nuit suffisent : Castello di Venere, Chiesa Madre, ruelles, pâtisserie aux amandes. La funivia depuis Trapani monte en une dizaine de minutes. Printemps et septembre restent plus marchables qu’août.
Le centre historique est petit, à peu près triangulaire, encore habité par quelques centaines de personnes. Les cars d’août remplissent Porta Trapani et le Corso Vittorio Emanuele. Partez tôt, ou restez après 18 h : les ruelles latérales se vident, la pierre grise reprend le dessus.
Le soir, on marche sans liste. Brume ou ciel clair, le bourg tient un week-end insolite en amoureux : château, ruelles, une table, pas de voiture. Si vous voulez du sable, descendez à Trapani ou partez aux Égades. Ici, on vient pour les pavés, la vue, et parfois le brouillard que les habitants appellent les baisers de Vénus.
Castello di Venere, Duomo et jardins du Balio
Au point le plus haut, le Castello di Venere est un château normand du XIIe siècle, bâti sur le site du temple de Vénus Érycine. Avant les Normands, le même promontoire a servi aux Élymes, puis aux Phéniciens (Astarté), aux Grecs (Aphrodite) et aux Romains. Les marins y faisaient des offrandes avant de partir. Aujourd’hui, on entre par une porte, on monte des marches, et on se retrouve dans une enceinte ouverte sur le roc. Les vestiges se lisent au sol. Ce qui retient, c’est la vue : Trapani, la côte, les Égades, et plus bas la Torretta Pepoli, petite construction collée à la falaise.
Devant le château, les Giardini del Balio offrent de l’ombre, des bustes de pierre et une terrasse. J’y passe après le château, pas avant : la lumière baisse, les cars sont déjà redescendus. Midi, en août, les jardins cuisent autant que les remparts.
Depuis Porta Trapani, le Corso Vittorio Emanuele grimpe vers la Piazza Umberto I. Presque tout de suite, la Chiesa Madre (Real Duomo, Santa Maria Assunta) : XIVe siècle, matériaux repris du temple antique, campanile séparé dit Torre di Re Federico II. L’intérieur néogothique date du XIXe siècle, plus clair qu’on ne l’imagine depuis la façade austère. Le clocher se grimpe s’il est ouvert ; beaucoup de marches, une vue utile. Un billet combiné existe souvent pour plusieurs églises. Je rentre dans le Duomo et une autre, pas dans toutes.
San Giuliano, San Martino : intéressantes si vous aimez les statues de bois et les détails baroques. Sinon, les ruelles latérales valent mieux qu’une église de plus. Pavés lisses, parfois glissants par temps humide. Chaussures plates, pas de talons.
Amandes, couscous et pauses
Erice est connue pour ses biscuits et pâtisseries aux amandes, héritage des couvents. La Pasticceria Grammatico, via Vittorio Emanuele, est l’adresse dont on parle : Maria Grammatico a appris chez les religieuses du San Carlo. Genovesi (pâte, crème), mustazzoli, pâtes d’amande. Une pause, pas un repas. Je prends sur place, je ne remplis pas un sac pour la route.
Le couscous alla trapanese, semoule et poisson, appartient surtout à Trapani et à la côte. À Erice, les tables des ruelles servent une cuisine sicilienne simple : pâtes, poisson, caponata. Je déjeune si j’y passe la journée. Si je ne fais qu’une après-midi, une pâtisserie et un café Piazza Umberto suffisent. En juillet-août, une table avec vue se réserve ; en juin ou septembre, on s’assoit.
Je ne chasse pas « le meilleur restaurant ». Je regarde où s’arrêtent les habitants du bourg, pas la terrasse la plus photographiée depuis le téléphérique.
Funivia, route et combien de jours
Trois façons de monter. La funivia (Funierice) part de la périphérie est de Trapani, Via Capua / SP31, et arrive juste hors Porta Trapani. Une dizaine de minutes, vue sur les salines et la mer. Le lundi, l’ouverture est souvent décalée à l’après-midi. Par vent fort, ça s’arrête : prévoyez la route ou le bus. Horaires et tarifs : à vérifier le matin même, ils bougent selon la saison.
En voiture, comptez environ 30 minutes depuis Trapani, une quinzaine de kilomètres, lacets étroits. Le centre est piéton. On se gare hors les murs, le plus simple à Porta Trapani. Payant, durée à l’avance. Si le parking est plein, Porta Carmine ou Viale Conte Pepoli. Le bus AST depuis Trapani met environ trois quarts d’heure ; le dimanche, les horaires se resserrent.
La route en lacets va à ceux qui aiment conduire. Si vous traversez la Sicile en camping-car, les virages et le stationnement en haut se gèrent mal : mieux vaut laisser le véhicule en bas, à Trapani, et monter léger, comme pour un premier grand voyage en camping-car où l’on pose le camp et on sort à pied.
| Durée | Ce que vous tenez |
|---|---|
| 4 à 5 h | Funivia, château, Duomo, une pâtisserie, redescendre |
| Une nuit | Ruelles après les cars, brume du matin, petit déjeuner au bourg |
| 4 à 7 jours | Base Trapani : Erice + Segesta, salines ou Égades |
Une après-midi ou une nuit dans le bourg, le reste à Trapani : c’est le rythme que je tiens en 2026. Rester deux jours coincé intra-muros, sans descendre, use le village. Quatre à sept jours sur la côte, avec Erice en sortie, tiennent mieux.
Autour : Trapani, Segesta et salines
Trapani, en bas, a le port, les rues basses, le couscous, les départs vers Favignana. Les salines entre Trapani et Marsala se visitent en fin de journée, lumière rasante, moulins. Segesta, temple dorique et théâtre, se combine le même jour qu’Erice seulement si vous avez une voiture et que vous acceptez de survoler l’un des deux. Je sépare : Erice un matin, Segesta un autre.
L’aéroport Vincenzo Florio (Trapani-Birgi) est l’arrivée la plus proche. Palerme est plus loin, plutôt deux heures. Des vols saisonniers relient la France à Birgi ou Palerme ; ce n’est plus une mini-évasion de 48 h depuis Paris si vous ajoutez deux correspondances. Sur cinq à dix jours, Erice tient comme une étape, pas comme unique destination.
Vendredi saint, la procession des misteri (sculptures de bois) traverse le bourg. Si vous tombez dessus, prévoyez la foule et des rues fermées.
Avant de partir
- Chaussures pour pavés lisses ; un pull, même en été : à 751 m, la brume refroidit vite.
- Vérifiez la funivia le matin (vent, lundi) ; gardez la route en plan B.
- Une seule base, Trapani, et Erice en étoile : pas cinq villages d’altitude dans la même journée.
Erice en Sicile, en 2026, reste une mini-évasion de pierre et de vent, pas une station. Une après-midi ou une nuit. Le château, les amandes, la descente vers Trapani avant qu’il fasse nuit.